Arrêtons de voir le robot comme un terminator, il peut être gentil et surtout utile. Dans l’agriculture, nous avons déjà de nombreux exemples qui nous montrent des robots permettant d’éviter les pesticides. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une abeille drone développé par l’équipe de Eijiro Miyako qui serait capable d’aider la pollinisation des fleurs et soutenir les abeilles dans ce rôle si crucial. Je vous présenterai aussi rapidement le projet d’une étudiante en design Anna Haldewang qui a une approche un peu différente.

La biodiversité en danger

Une équipe du National Institute of Advanced industrial science and technology (AIST) dirigée par Eijiro Miyako travaille depuis plusieurs années  sur un drone abeille qui pourrait permettre de polliniser les fleurs.

Pour rappel, les abeilles jouent un rôle essentiel dans la nature. Ce sont des insectes pollinisateurs. Pour cela, ils transportent le pollen, élément mâle des fleurs sur le pistil, élément femelle d’autres fleurs. 35% de la production mondiale de nourriture passent par la pollinisation.

Abeille au travail

Aujourd’hui, la population d’abeilles domestiques chutent fortement. Ainsi en Europe, c’est une baisse de 25% entre 1985 et 2005. Les raisons sont multiples, mais beaucoup sont liés à l’homme avec par exemple l’usage des pesticides. Les conséquences peuvent être catastrophiques pour la biodiversité et pour la production agricole.

Travailler sur la réduction de ces pesticides est primordial, aider au développement de nouvelles ruches l’est tout autant. Eijiro Miyako a décidé de se positionner autrement, en œuvrant sur un abeille drone qui pourrait cohabiter avec les abeilles et aider à polliniser les fleurs.

L’abeille drone

L’idée en soi est assez simple… enfin en théorie. Le drone doit voler de fleur en fleur pour transporter le pollen. Après en pratique … c’est nettement plus compliqué !

Eijiro Miyako utilise un drone miniature existant dans le commerce. Avec un poids de 15 g et une taille de 4 centimètres, il est assez réduit et agile pour voler et réaliser l’expérience qui va suivre.

l’abeille-drone d’Eijio Miyako

L’équipe a placé du crin de cheval sous le drone ainsi qu’un gel ionique créant une certaine adhérence? Cela permetde prendre le pistil et de le déposer ensuite. Comme le montre la vidéo ci-dessous, le drone a réussi à transmettre le pollen. 

 


L’abeille drone de l’AIST récoltant le pollent d’une fleur et le déposant sur une autre

 

Maintenant, c’est une expérience de laboratoire. Nous sommes encore loin de voir des millions d’abeilles drones dans les champs. Tout d’abord, l’expérience a été réalisé sur des lys. Ce sont des grandes fleurs, il est nécessaire d’être capable de l’effectuer sur des fleurs nettement plus petites. Une abeille fait une taille de 2 cm moitié moins que ce drone. 

Ensuite, son coût reste élevé (une centaine de dollars), il est indispensable de rendre ce drone autonome en se basant sur la géolocalisation et l’intelligence artificielle. Cela veut dire ajouter des capteurs, GPS, donc alourdir le drone et augmenter le coût individuel… A suivre …

Le plan Bee

Comme je vous l’indiquais précédemment, c’est particulièrement compliqué de venir au contact de la fleur, pour prendre le pollen et aller le redéposer sur une autre fleur. Anna Haldewang, étudiante au Savannah College of Art and Design a eu une autre approche. Pour éviter le contact délicat avec la fleur, le drone va aspirer le pollen et aller le déposer (ou le souffler ?) sur une autre fleur. 

L’abeille drone d’Anna Haldewang © Plan Bee – Designboom

C’est encore à l’étape de projet, enfin pour être plus précis. C’est un projet d’étudiant. Elle a tout de même déposé 2 brevets et espère aller beaucoup plus loin. A suivre… 

Conclusion

J’aime particulièrement les projets robotiques où l’objectif est d’aider l’humain et encore mieux la nature. Chaque jour, nous la détruisons un peu plus. Et chaque petit pas pour l’aider est le bienvenu.

Maintenant, ces projets semblent difficilement réalisables d’une part par le coût que cela engendre pour être efficace. Et ensuite, techniquement, beaucoup d’obstacles restent à surmonter.

 

 

 

Fondateur de VieArtificielle.com et Robopolis.com, ingénieur UTC : Je m’intéresse aux robots autonomes par le prisme des sciences cognitives (les différentes « intelligences » présentes dans le robot), l’apprentissage, les comportements émergents) .