Le vol des drones dans des zones interdites est de plus en plus fréquents et soulève des problèmes de sécurité. Voici quelques unes des solutions envisagées pour intercepter un drone. 

Les drones défraient régulièrement la chronique en survolant des zones interdites. Ainsi, ces derniers mois, ils ont été aperçus au dessus de l’Elysée, de centrales nucléaires, de la base des sous-marins nucléaires ou encore de la Maison blanche. Que ce soit dans une application militaire, d’espionnage ou de terrorisme, le danger est réel. D’ailleurs, Le secrétariat général de la défense et de la sécurité (SGDSN) a lancé un appel d’offres en décembre dernier intitulé « protection des sites sensibles vis à vis des drones aériens ».

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le drone IT180 d’ECA  est capable de repérer un drone intrus, de retrouver le pilote et le prendre en photo

Certaines mesures sont prises en amont, ainsi les deux grands fabricants de drones DJI et 3DRobotics ont décidé de mettre des dispositifs de géoréparage sur leurs produits. Ce disposif développé par Airmap utilise des données réactualisés et empêche le survol de zones sensibles(centrale nucléaire) mais aussi de zone déclarée temporairement sensible, du par exemple à la présence d’un chef d’état. Evidemment, ce système n’est pas incontournable mais crée un premier pallier.

Les contraintes de l’interception de drones

Pour pouvoir intercepter un drone, il y a deux contraintes majeures. La première est le repérage. L’intrus doit être rapidement repéré pour permettre la mise en place de l’interception. Des systèmes existent et permettent même dans certains cas d’identifier le type de drone. Ces systèmes sont des investissements importants qui ne peuvent pas être déployés sur tout les sites.

La seconde contrainte est la chute du drone intrus. Elle peut être très dangereuse. L’exemple de ce drone tombant tout proche d’un skieur le montre bien.


chute d’un drone près d’un skieur

Et le danger est encore augmenté au dessus d’une foule. Donc les méthodes que je vous présente prenne en compte la maîtrise de la trajectoire du drone intrus. Je ne vous parlerai donc pas du fusil à pompe parmi les solutions. 🙂
Voici donc les différentes méthodes pour intercepter un drone :

1 – Le fusil à ondes : DroneDefender

Le fusil à ondes DroneDefender envoie des ondes électromagnétiques. Elles se propagent uniquement dans la direction du fusil et brouillent les systèmes GPS et les fréquences ISM. Le robot devient incontrôlable par son propriétaire. Il est alors possible de le faire s’écraser ou d’en prendre le contrôle. La portée du DroneDefender est d environ 400m, et un dixième de seconde de ces ondes suffisent à la neutralisation.

Dronedefender
Le fusil à ondes DroneDefender

2 – Chassé et attrapé dans un filet

La méthode la plus répandu actuellement et qui je pense est assez simple à mettre en oeuvre (en terme de coûts et de logistique) est le filet. Le filet est accroché au drone-chasseur et le drone va attraper au vol l’instrus. Les hélices s’accrochent dans le filet et évitent ainsi que le robt tombe.

Dans la vidéo, le drone-chasseur est le F540i, capable de voler à 130km/h. Dans la deuxième partie de la vidéo, vous pourrez voir que le drone chasseur a aussi la capacité de se mettre en mode surveillance et suivi.

 


drone F540i de Malou-tech interceptant un drone à l aide d’un filet

Récemment, la police japonaise a fait une démonstration basée elle aussi sur le drone chassant au filet.


Démonstration de la police japonaise pour intercepter un drone

3 – Lancer du filet

Dans cette méthode, le principe du filet est conservé mais cette fois-ci il est lancé par le drone-chasseur et se déploie sur la cible. Un filin reste accroché pour permettre de récupérer le drone. Ce projet est réalisé par des chercheurs de l’université technologique du Michigan.

Drone lançant un filet pour intercepter l’intrus

Une start-up vient de présenter un nouveau mode intermédiaire entre les précédents. Le filet est lancé à partir du sol. Le lanceur Skywall 100 est manipulé par une seule personne et pèse 10kg. Il utilise un système d’air comprimé pour propulser une capsule contenant le filet et un parachute pour maîtriser la descente du drone. Sa portée est de 100m et le rechargement se fait en 8 secondes.


démonstration d’une interception de drone avec le SkyWall100

4 – Chassé par un rapace

De son côté, la police hollandaise dresse des rapaces qui pourraient attraper les drones cibles. Ils procèdent exactement comme pour chasser dans la nature.

 


Aigle attrapant un drone en plein vol

5 – Drone-aigle 

Cette méthode pourrait prendre vie dans quelques années. La vidéo présente un travail de recherche sur un drone qui saisit avec une pince un objet en plein vol comme le fait le rapace (voir le 4). Nous pouvons donc très bien imaginer qu’un jour des drones ainsi équipés puissent attaquer et attraper un drone intrus en plein vol. L’avantage par rapport aux rapaces est que les modèles peuvent être beaucoup plus gros et donc intercepter des drones nettement plus imposants.

 

Fondateur de VieArtificielle.com et Robopolis.com, ingénieur UTC : Je m’intéresse aux robots autonomes par le prisme des sciences cognitives (les différentes « intelligences » présentes dans le robot), l’apprentissage, les comportements émergents) .